Top Sociétés Matriarcales

Sélection de sociétés matriarcales dans le monde, là où les femmes sont (enfin) les boss

À l'heure où l'on parle en France de parité homme-femme, on a cherché s'il existait quelque part dans le monde, des communautés où les filles étaient naturellement perçues comme les patronnes. Voici donc les quelques sociétés matriarcales où les femmes sont les vrais bonhommes.


Les Moso en Chine

Chez cette ethnie du sud-ouest de la Chine, les hommes ne font certes pas le ménage ni la vaisselle, mais ce sont eux qui s'occupent des gamins. Enfin, pas les leurs, ceux de leurs sœurs. Ne cherchez pas à comprendre, on appelle ça une société avunculaire, c'est-à-dire où ce sont les oncles maternels qui jouent le rôle de père. Pendant ce temps, les femmes s'occupent certes des tâches domestiques, mais elles sont plus libres qu'ailleurs : elles ont par exemple le droit d'aller batifoler avec qui elles veulent (les hommes aussi ça tombe bien). Ce sont elles également qui possèdent l'argent du ménage. En cas de décès, l'héritage n'est transmis que par la femme. C'est aussi elle qui donne son nom de famille à ses enfants.

Crédits photo (creative commons) : Goddess Sherry

Les Khasi en Inde

Installés au Nord-Est de l'Inde, dans l'État du Meghalaya, les Khasi sont une des rares communautés indiennes où la naissance d'une fille est davantage fêtée que celle d'un garçon. Et pour cause : chez eux, la plus jeune fille de la famille deviendra la chef de famille, l'héritière et la gardienne des traditions familiales. En échange, elles sont dispensées de corvées domestiques jusqu'à l'âge adulte. Les hommes quant à eux ne la ramènent pas trop. Ils ne possèdent rien, n'hériteront jamais et perdent tout en cas de divorce. Glurps.

Crédits photo (creative commons) : Diganta Talukdar

La tribu des Akans au Ghana

Cette tribu se compose des Asantes, des Fantis et des Akims et représente la principale communauté matriarcale d'Afrique. Cette société repose sur le principe que ce ne sont pas les enfants qui héritent de leur père à sa mort, mais ceux de sa sœur. En gros, ce sont les femmes qui pèsent le plus dans le couple, grâce à l'argent hérité de leurs oncles.

Crédits photo : Brendan

Les Minang : la plus grande

société matriarcale du monde

Chez les quatre millions de Minangkabau - pieux musulmans de Sumatra - les femmes gèrent la propriété et le foyer. Grâce à la structure matriarcale de la société, elles ont tendance à "porter (ou partager) la culotte".

Des dizaines de cultures se côtoient à Jakarta et tentent de maintenir les traditions de leur région d'origine. C'est le cas des Minangkabau ou Minang, originaire du centre de Sumatra, ils sont 320 000 à vivre dans la capitale.

Les Minang constituent la plus grande société matriarcale au monde. Si vous vous représentez déjà ces femmes ayant tout pouvoir, détrompez-vous, le matriarcat n'est pas l'opposé du patriarcat. Le matriarcat signifie que l'héritage et le nom de famille se transmettent de mères en filles.

Précisons qu'une culture indonésienne est en général régie par trois systèmes : traditionnel, religieux et politique. Chacun de ces systèmes possédant son champ d'action. L'Islam et l'État acceptent simplement le matriarcat. Mais, il n'y a pas plus d'imams ou d'élues femmes dans cette région pour autant.

Concrètement, vous pourriez traverser la région Minang sans rien remarquer de particulier. Il s'agit d'une société traditionnelle marquée par le découpage genré des tâches. Les femmes élèvent notamment les enfants. C'est d'ailleurs la raison du matriarcat. En effet, les anciens racontent qu'à l'origine les Minang ont organisé leur société en observant la nature. Ils y ont vu des êtres plus faibles, les enfants, dont les mères s'occupent principalement. C'est donc pour protéger les enfants du besoin que la maison, les champs, l'argent... appartiennent à l'épouse.

Seule l'épouse peut d'ailleurs demander le divorce. Elle dépose simplement une plante particulière à l'entrée de la maison et l'homme n'aura rien à dire, il partira avec les vêtements qu'il porte ce jour-là. L'homme ne pouvant ni refuser un mariage arrangé ni divorcer, il arrive d'ailleurs parfois de retrouver un Minang isolé à l'autre bout du pays car l'exil est sa seule fuite possible. Il s'agit d'un droit traditionnel très peu utilisé aujourd'hui, mais dont l'existence a pourtant son importance.

En effet, l'ensemble des droits des femmes Minang influence subtilement les rapports de genres au quotidien. Elles sont fières d'être femmes et d'être des femmes qui ont du pouvoir. Plus que dans les autres régions du pays, nous y avons parfois vu des hommes cuisiner et des femmes faire des « tâches d'hommes » dans les rizières. Les grandes décisions sont en général prises de manière concertée.

Au départ, nous avons été choqués par ce choix unilatéral du divorce et par ce découpage des tâches maintenant les femmes au foyer. Ensuite, prenant distance de notre vision occidentale, nous avons également observé et ressenti un certain équilibre et une certaine harmonie - sans idéaliser la situation pour autant.

Par ce texte, nous espérons vous avoir fait découvrir un des nombreux et interpellants visages de Jakarta et de l'Indonésie.

texte et photo : David Petit


sociologue et économiste, enseignant en promotion sociale
ayant vécu deux ans en Indonésie dont un mois chez les Minang.

Crédits photo (creative commons) : web.ics.purdue.edu

Les Guayakis du Paraguay

Chez les Guayakis, ce sont les femmes qui choisissent leurs partenaires. Et le pluriel est ici primordial. En effet, selon leurs croyances, il faudrait le sperme de plusieurs pères pour qu'un enfant naisse en bonne santé. Résultat, les femmes ont souvent deux maris dans leur vie. On ne sait pas si les hommes y trouvent leur compte, mais la mortalité infantile est particulièrement basse au sein de cette communauté.

Les Juchitan de Zaragoza au Mexique

Traditionnellement ce sont les femmes de Juchitan qui tenaient les bourses du ménage, vendant sur les marchés les fruits des récoltes rapportés par leurs époux. Si les rôles ont un peu évolué, ce sont toujours elles qui gèrent les finances familiales, en plus de la maison, de la famille, des temples et de tout ce qui se passe dans la rue. Ce sont aussi les seules autorisées à parler le dialecte zapotèque vieux de 2000 ans. Les hommes, eux, s'occupent des affaires politiques, de la pêche et de l'agriculture. Ils sont dévoués à leurs femmes au point de s'installer dans la famille de leur épouse après leur mariage. Vivre chez sa belle-mère : si c'est pas une preuve d'amour.

Les Lao de Thaïlande

Les Lao forment un groupe ethnique que l'on retrouve essentiellement au nord-est de la Thaïlande (et un peu chez les voisins aussi). Chez eux, ce sont les femmes (les cadettes pour être précis) qui héritent de la famille. Ce sont elles encore qui gèrent tout ce qui touche au quotidien de la maison, finances comprises. En y réfléchissant bien, c'est comme chez nous, sauf que les Lao, eux, assument fièrement le rôle prédominant des femmes.

Les Bijagos de Guinée Bissau

Cette tribu matriarcale se trouve sur l'île d'Orango Grande dans l'archipel des Bijagos au large de la Guinée. Là-bas, ce sont les femmes qui dirigent. Elles décident de tout, des dépenses du quotidien, jusqu'à l'application des lois. Ce sont elles également qui répartissent les terres (qu'elles possèdent) laissant aux hommes le soin d'en extraire de quoi subvenir aux besoins de leurs familles. Et visiblement, aucun homme ne s'est pour l'instant élevé contre cette suprématie féminine. Il faut dire que dans leur culture, c'est Dieu qui aurait décidé que les femmes seraient les vrais patrons de l'île.

(sources : https://www.topito.com/top-societes-matriarcales ;

https://www.pointculture.be/article/focus/les-minang-plus-grande-societe-matriarcale-du-monde/ )